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3 questions à Nicolas Jarossay

18/03/2016

Après des mois voire des années de préparation, c’est le 31 mars prochain, le jour de son anniversaire, que Nicolas Jarossay s’élancera pour une 1ère mondiale qui fera date, être le premier homme à traverser l’Atlantique en SUP, le tout sans assistance. Avant son départ ce dimanche pour le Cap Vert pour fignoler les derniers préparatifs, SUPjournal.com s’est intéressé à sa démarche…

 

SUPjournal.com : Quelle est la genèse de cette SUP Transatlantic ?
Nicolas Jarossay : C’est un projet qui a 3 ans et demi environ. Suite à mes 24 heures consécutives à ramer, j’avais envie de passer à l’étape d’après comme tout sportif. Et puis au fil de ma réflexion, et toujours pour mon amour pour tout ce qui touche à la mer, je me suis dit que si certains avaient traversé l’Atlantique assis pourquoi nous nous ne pourrions pas le faire debout ? J’ai envie aussi depuis toujours de faire cette traversée, peu importe, ça aurait pu être à la voile, j’ai trouvé que le support s’y prêtait bien. Ensuite ce projet a évolué, au départ, cela devait se faire avec un voilier accompagnateur mais au fond de moi, ce n’est pas ce qui me bottait le plus. Tout mis bout à bout, cela coûtait aussi très cher et puis j’ai fait un cauchemar avec le pire scénario dans cette configuration et je me suis dit qu’à le faire, je ne pouvais compter que sur moi. C’est de là qu’est née cette planche, son schéma, sa forme et les rencontres pour avancer dans ce projet.

 

SUPJ : A l’aube de ton départ, que retiens-tu de ces 3 années de préparation durant lesquelles les obstacles ont dû être nombreux ?
NJ : Trouver des partenaires tout d’abord, même pour une 1ère mondiale et dans un sport a priori en plein essor, ce n’est pas facile du tout. Ce n’était pas un budget énorme, il me fallait 60 à 70 000 €, je dis "pas énorme" en comparaison de ce qui peut se dépenser dans d’autres sports en 1 week-end et pourtant ça a été hyper dur ! Dans le milieu de la glisse, personne ne me suit à part Outside Reef, là je n’ai toujours pas bien compris, c’est particulier… Ensuite, il y a des portes qui s’ouvrent et beaucoup qui se ferment. C’est un cheminement, petit à petit, le truc ça a été surtout des rencontres, des gens passionnés et passionnants qui, à leur niveau, arrivent à donner une petite aide et ça fait boule de neige. Tout au long de ces 3 ans, il y a eu pas mal d’épreuves et de moments difficiles et aujourd’hui je sais que sur l’Atlantique, dans les moments difficiles, tout ce parcours avant, ces rencontres et ces épreuves, cela sera bénéfique et positif en repensant à tout le chemin parcouru pour en arriver là.

 

SUPJ : Au-delà de cette 1ère mondiale et de ce challenge, penses-tu avoir pris toute la mesure de ce que cette traversée représente ?
NJ : Avec les équipes médicales spécialisées dans la survie en mer, nous avons prévu le pire et essayé d’apporter des réponses à tout ce qui pourrait arriver. Dans ma tête, j’ai déjà une fiche réflexe, je sais exactement ce qu’il faut faire en fonction de tel ou tel pépin. J’ai eu, je pense, une préparation assez sérieuse, je ne parle pas physique mais technique, que ce soit d’un point de vue médical ou survie mer. Quelqu’un qui traverse aujourd’hui l’Atlantique en famille avec en voilier prend presque moins de matériel que moi. Il y a aussi une part d’inconnu et parfois je me dis : « Dans quoi je me suis lancé ? », sans douter pour autant… Je suis prêt au pire, après il y a une extrême limite que le corps ne peut pas supporter et là je serai obligé d’abandonner mais j’espère ne pas en arriver là. J’ai aujourd’hui des repères et notamment après mes 5 jours passés en mer l’été dernier qui m’ont donné des pistes intéressantes. En conditions dites normales avec un alizé classique, ça devrait passer, si la météo et l’Océan Atlantique s’acharnent sur moi, ça pourra devenir compliqué et j’en suis conscient. L’Atlantique peut me laisser passer une fois et pas la suivante, inversement, je peux échouer dans quelques semaines et réussir la fois suivante. On ne sait jamais sur quoi on va tomber…

 

Pour en savoir plus sur la SUP Transatlantic : www.sup-transatlantique.fr

 

Source : Nicolas Jarossay
Photos : Violaine Boret - Septentrion Environnement

tags: 3 questions à Nicolas Jarossay SUP Transatlantic

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